By jeanmarcmorandini.com
Santé

Ces médicaments qui augmentent de 60% le risque de démence !


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Les benzodiazépines et les psychotropes sont les médicaments les plus consommés en France. On estime que 30% des personnes âgées de 65 et plus en consomment. Ils sont prescrits pour un large spectre de pathologies allant des troubles du sommeil aux symptômes dépressifs en passant par l’anxiété. Depuis qu’ils sont largement utilisés, les chercheurs se penchent sur leurs éventuels effets secondaires dans la mesure où ils interagissent avec des neurotransmetteurs du cerveau.

En cas de prise à long terme accroître le risque de maladie d’Alzheimer. Cette nouvelle étude associe précisément les benzodiazépines à demi-vie longue à un risque de démence  accru de 60%. Alors que la démence touche actuellement environ 36 millions de personnes dans le monde, l’impact de la consommation à long terme de tranquillisants et de somnifères sur le risque de développement d'Alzheimer doit être surveillé. Pour essayer d’en savoir plus, les chercheurs de l’Inserm se sont basés sur les données issues de l’étude dites des 3 Cités (Bordeaux, Dijon Montpellier), soit 8240 personnes âgées de plus de 65 ans et suivies depuis plus de 8 ans. 830 nouveaux cas de démence ont été diagnostiqués lors du suivi. Une procédure de dépistage et le diagnostic de chaque cas de démence a été mise en place par un comité d’experts. Par ailleurs, l’enregistrement systématique de tous les médicaments consommés par les participants, à domicile, en confrontant avec les ordonnances a été possible.

« Il y a clairement une différence de signal entre benzodiazépines à durée de vie longue et celles à durée courte. Or les premières ont déjà été identifiées comme dangereuses chez les personnes âgées, notamment en raison du risque de chutes, et nous avons été étonnés de voir qu’elles étaient encore fréquemment consommées.»déclare Christophe Tzourio, neurologue, directeur du centre de recherche Inserm U897 et professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux.

Sur les 2 millions de Français de plus de 65 ans consommant de façon chronique des BZD en 2007, la moitié se voit prescrire des BZD à demi-vie longue, y compris après 85 ans. Au global, 10% de sujets âgés y seraient exposés. Des résultats qui suggèrent une vigilance renforcée des médecins et des autorités de santé, pour éviter cette consommation de benzodiazépines à demi-vie longue chez les personnes âgées. Un rappel des indications a d’ailleurs récemment donné lieu à une communication de l’Académie nationale de Médecine.

La recherche a porté sur des personnes âgées. "On n'a pas la preuve que ceci concerne les personnes jeunes, tout simplement parce que la fréquence de la démence est trop faible chez eux pour qu'on puisse mettre en évidence une telle association", souligne le professeur.

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