By jeanmarcmorandini.com
Santé

DirectoDoc: Des consultations téléphoniques rémunérées pour les médecins


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DirectoDoc  est une application qui permet de mettre en relation téléphonique un patient et son médecin traitant. L’idée lui est venue lors d’un séminaire de travail à Paris. Typhaine Servant, qui ressent une douleur gênante, téléphone à un ami médecin. Après quelques questions rapides, celui-ci le rassure sur le caractère bénin et passager du souci. « Je me suis dit, quelle chance de pouvoir appeler un médecin qui me connaît. » Lui qui travaille depuis une dizaine d’années dans l’industrie pharmaceutique« au contact des médecins libéraux » sait que 92% des patients n’ont plus accès à leur médecin en direct. Le téléphone est vécu par la profession médicale comme un outil dérangeant. Avec l’aide des nouvelles technologies, « il y a matière à optimiser ».

Le service est payant pour le patient et donne lieu à une rémunération pour le médecin indique le site le quotidien des médecins : entre 4 et 8 euros selon la spécialité. Le paiement est déclenché lorsque l’échange téléphonique dure plus de 15 secondes (et jusqu’à 15 minutes). 

Les consultations ne donneront lieu à des prescriptions. « Nous ne proposons pas une plateforme de télémédecine. Il s’agit avant tout de permettre aux médecins d’assurer un suivi de leurs propres patients, de garder contact avec eux », précise Typhaine Servant, créateur du service.

La société assure avoir pris conseil auprès de l’Ordre national des médecins pour être en conformité avec la réglementation. Aujourd’hui, la loi laisse peu de marge de manœuvre aux médecins.

Le Dr Jacques Lucas, vice-président du CNOM, affirme: « Aujourd’hui, un médecin qui recouvre un paiement par le biais d’un service de conseils médicaux par téléphone mis en place par une entreprise commerciale est en infraction puisqu’il contourne l’ article R4127-53  du code de la santé publique. » Ce texte stipule que « l’avis ou le conseil dispensé à un patient par téléphone ou par correspondance ne peut donner lieu à aucun honoraire ».

« Nous ne sommes pas dans ce cas de figure, assure Maître Lina Williatte, l’avocate qui a conseillé DirectoDoc. Il ne s’agit pas d’une prestation médicale. On est dans un cas où le médecin oriente son propre patient. Il organise lui-même son planning pour réguler les flux. C’est une prestation de service qui peut donner lieu à rémunération. »

« Le Conseil travaille sur le sujet depuis plusieurs mois. Nous ferons des propositions début février pour modifier la réglementation », indique le Dr Lucas.

Près de 200 médecins se seraient inscrits au service DirectoDoc depuis le mois de décembre 2015. Le groupe de cliniques nantaises Le Confluent, a adopté l’application pour le suivi de ses patients de retour à leur domicile.

 « Nous avons eu globalement un bon accueil, répond Typhaine Servant, même si certains praticiens s’arc-boutent sur l’examen clinique. » Autre crainte des praticiens, la « peur d’être submergés par les appels .»

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