By jeanmarcmorandini.com
Santé

Syphilis (MST): la Corrèze frappée par une épidémie


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Des médecins avaient déjà tiré la sonnette d’alarme il y a de cela quelques mois. Le département de la Corrèze serait depuis le début de l’année 2015 face à plus de 40 cas détectés contre généralement un ou deux cas. Maladie sexuellement transmissible (MST), la syphilis touche tout particulièrement les sujets ne se protégeant pas lors des rapports sexuels. Pourquoi la syphilis est-elle réapparue avec autant de cas en France, est-ce inquiétant ? Interrogé par BFMTV.com, le Dr Abraham, infectiologue au CHU de Brive, décrypte ce phénomène.

Dans le journal La Montagne, le Dr Bruno Abraham, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Brive, en Corrèze indique: "En 2015, une quarantaine de personnes ont été soignées à Brive pour la syphilis, alors qu'il y a deux ans, nous n'avions qu'un ou deux cas par an", explique-t-il.

Contacté par BFMTV.com, le professeur tire la sonnette d'alarme. "La syphilis avait quasiment disparu jusqu'à il y a une dizaine d'années, puis a connu une résurgence dans les grandes métropoles, en hausse modérée chaque année. Cependant, en 2015, nous avons constaté un niveau préoccupant de nouveaux cas dans notre centre de dépistage. Il ne faudrait pas que ce foyer épidémique se propage et continue de se développer cette année."

Si la majorité des patients atteints sont "des hommes, âgés d'une quarantaine d'années, homosexuels", la syphilis peut toucher tout le monde, "y compris des femmes enceintes", insiste le médecin, qui indique en outre que cette pathologie peut être "asymptomatique durant plusieurs mois".

Face à une telle explosion des cas de syphilis, les autorités sanitaires ont réagi en insistant sur le dépistage. Car si la MST se transmet très facilement, « une simple piqûre de pénicilline suffit pour en guérir », rappelle le Docteur Abraham. Ceci à condition que l’injection soit réalisée au « tout début du développement de la maladie ».

Le site doctissimo décrypte l'évolution de la maladie.

1- LA SYPHILIS PRIMAIRE : L'incubation silencieuse est en moyenne de 3 semaines, mais peut se prolonger jusqu'à 3 mois. La première phase se caractérise par l'apparition d'un chancre : lésion rosée, indolore, non inflammatoire, propre, bien limitée devenant dure, laissant sortir un liquide clair. Il est localisé au niveau des organes génitaux (gland, peau des testicules, grandes lèvres, clitoris, paroi du vagin, col utérin). Il peut être également extra-génital (lèvres, langue, amygdale, anus) et peut donc passer inaperçu. Des ganglions durs et indolores sont perçus dans la zone du chancre.

2- LA SYPHILIS SECONDAIRE : Elle survient entre 1 mois et 1 an après le rapport sexuel contaminant. La bactérie est responsable de manifestations variées en particulier cutanées et muqueuses (bouche, langue, vulve, gland, anus). Ces signes cutanés et muqueux sont associés à de nombreux ganglions palpables indolores, une fatigue, une température corporelle légèrement augmentée, des maux de tête. Méningite, hépatite, atteintes rénales et articulaires sont possibles.

3- LA SYPHILIS TERTIAIRE : Elle survient en l'absence de traitement, après quelques mois ou années silencieuses. Elle est caractérisée par des atteintes neurologiques, cardiaques, hépatiques, digestives, rénales, laryngées, oculaires, troubles psychiatriques. Pendant cette phase de la maladie, le patient n'est plus contagieux. La syphilis latente se définit comme l'infection par la bactérie sans manifestation clinique mais les réactions sérologiques sanguines sont retrouvées positives. On distingue la syphilis latente précoce et la syphilis latente tardive.

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