By jeanmarcmorandini.com
Santé

Crash de la Germanwings: Le Parisien publie les derniers échanges du pilote dépressif avec ses médecins


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Andreas Lubitz, le copilote de la Germanwings a délibérément fait  s'écraser un Airbus dans les Alpes françaises entre Barcelone et Düsseldorf, il s'était entraîné à la descente sur le vol aller.

Les enquêteurs des services judiciaires estiment que le jeune Allemand de 27 ans s'est enfermé dans le cockpit de l'Airbus A320 pour organiser la descente de l'avion et le précipiter contre la paroi de la montagne, entraînant dans la mort les 150 personnes à bord.

Le pilote était sujet à de graves dépressions. Une première fois, en 2008, alors qu'il entame sa formation, il sombre dans la dépression. Guéri après neuf mois de thérapie, il reprend ses études et devient officiellement copilote à la Germanwings en juin 2014. La dépression le rattrape. Dans les semaines précédant le crash, Lubitz, obsédé par des troubles de la vision qui le rendent insomniaques, enchaîne les consultations. Il court alors les spécialistes: ophtalmos, ORL, généralistes… Il en voit une trentaine entre janvier et mars. Mais les médecins ne trouvent pas l'origine de ses symptômes. Ils comprennent alors que les troubles d'Andreas Lubitz trouvent d'abord leur source dans sa tête. Un praticien le décrit comme un jeune homme "peu sûr de lui", "qui donnait l'impression d'être sous pression". Et confie même avoir pensé pendant l'examen: "mon dieu, je n'ai pas envie que cet homme-là soit aux commandes d'un avion". 

Quelques jours avant le drame, il se voit délivrer deux arrêts maladie qu'il dissimule à son employeur, ses médecins aussi.

Le 10 mars 2015, deux semaines avant le crash  Andreas Lubitz envoie un email à son médecin. Il est épuisé: "Je continue à passer des nuits où je ne dors pas du tout. Mon temps de sommeil maximal est de deux heures par nuit (mais actuellement cette durée est rarement atteinte)", écrit-il.  Un ordinateur découvert à son domicile montre qu'il avait effectué une recherche sur internet concernant les différents moyens de se suicider lors des jours précédant le crash.    « J'aimerais guérir... Dieu qui êtes aux cieux... » avait écrit Lubitz pendant sa première crise.  Le Parisien publie les derniers échanges du pilote avec ses médecins.

"Au plus fort de sa dépression , en 2009 : «Je voudrais être délivré» Les ordinateurs de Lubitz ont révélé des notes rédigées par le copilote pendant et après sa dépression entre fin 2008 et mi-2009, au début de sa formation aéronautique. Il a dû quitter sa ville de Montabaur, ses parents et sa petite amie, pour Brême, à 400 km de là. Au fil de dizaines de pages, il décrit dans le détail ce qu'il appelle « la période la plus sombre de [sa] vie », qui l'a contraint à interrompre plusieurs mois sa formation. « Déménagement précipité, nouvelle vie du jour au lendemain, nouvel environnement. Appartement très mignon et rangé. Mais vide et solitude quand je suis à la maison. En plus, fixation sur les bruits de la rue = insomnies », constate-t-il dans un texte non daté intitulé « Analyse des événements ». « Le souvenir du temps passé me fait pleurer, écrit-il le 1er janvier 2009, au plus fort de sa dépression. Je ne crois pas vraiment que je puisse retrouver cet état... Je voudrais être délivré... En entendant les mots encourageants des autres, je crois parfois que tout cela est derrière moi, que tout ça est enfin balayé... La dernière solution qui me rend parfois heureux, c'est de sauter de la falaise. « Mon rêve professionnel de devenir pilote est quasiment terminé = je rumine, je réfléchis sans fin », poursuit le jeune homme alors âgé de 22 ans. Son obsession du bruit ne le quitte plus. « Même après avoir emménagé ailleurs, mes oreilles ont continué à se focaliser sur les bruits (frigo, chaudière). » Mais c'est surtout l'éloignement familial qui semble à l'origine du trouble. « Mon père et ma mère sont en moi, ils ne doivent pas forcément être présents corporellement = je peux être heureux seul », témoigne-t-il en février 2009, alors que son retour à Montabaur et la suspension de sa formation ont amélioré son état. Le 17 juillet, après une psychothérapie efficace, un dernier texte entérine sa guérison. « Je tiens à remercier très sincèrement ma famille, et tout particulièrement ma mère qui m'a préservé du pire. [...] Je remercie aussi tendrement mon adorable petite amie Kathrin qui a passé énormément de temps avec moi, et qui n'a jamais perdu espoir en moi. »" 

 

 

 


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