By jeanmarcmorandini.com
Beauté

France : Les femmes grosses sont discriminées à l'embauche


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Selon le baromètre "Le physique de l'emploi" publié par le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail (OIT), les femmes obèses ou en surpoids ressentent une plus forte discrimination à l'embauche que les autres. L'apparence physique apparaît bien comme un critère "à part entière parmi les motifs de discrimination juridiquement prohibés", annonce le rapport publié le 15 février par le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail (OIT), intitulé Le physique de l'emploi. Difficile selon lui de décrocher un poste quand on n'est pas "dans les standards", surtout pour la gent féminine. 

Les chômeurs pensent très largement qu’un recruteur peut être influencé par leur apparence physique !

Les discriminations à l’embauche liées à l’apparence physique sont rapportées presque 2 fois plus (1,7) par les femmes que les hommes, et ce, indépendamment de toutes caractéristiques d’âge, de poids, de style vestimentaire et de niveau d’études.

Les femmes obèses et en surpoids déclarent plus souvent avoir été confrontées à des discriminations liées à l’apparence physique. Quand on examine l’effet spécifique du poids, de manière attendue, les personnes obèses rapportent plus que les autres avoir été discriminées à l’embauche du fait de leur apparence.

 

Parmi elles, les femmes le sont beaucoup plus que les hommes. Ainsi, toutes choses égales par ailleurs, les femmes obèses rapportent 8 fois plus souvent que les femmes d’IMC « normal » avoir été discriminées à cause de leur apparence physique. Les hommes obèses le déclarent trois fois plus que les hommes d’IMC « normal ». Un autre résultat illustrant également l’ampleur de la contrainte sociale qui pèse sur l’apparence des femmes est l’impact du surpoids dans les discriminations liées à l’apparence physique. En effet, le surpoids n’a pas d’effet spécifique chez les hommes, alors que les femmes en surpoids rapportent 4 fois plus souvent avoir été discriminées à cause de leur apparence que les femmes ayant un IMC « normal ».

 

Le style vestimentaire a aussi un effet spécifique sur les discriminations liées à l’apparence physique rapportées par les femmes. Les femmes ayant un style atypique rapportent 8 fois plus que les femmes ayant un style classique ou décontracté avoir été discriminées à raison de leur apparence physique. Cette proportion est deux fois moins importante chez les hommes ayant un style atypique, qui déclarent 4 fois plus souvent avoir été discriminés à cause de leur apparence, par rapport aux hommes ayant un style classique ou décontracté. La sanction sociale de l’apparence vestimentaire pèse ainsi plus fortement sur les femmes que sur les hommes.

Parmi les personnes qui déclarent des discriminations fondées sur l’apparence physique, 63% (70% des femmes et 51% des hommes) relient exclusivement celles-ci aux caractéristiques corporelles (poids, taille, traits du visage…) et 21% (19% des femmes et 25% des hommes) signalent une discrimination liée aux attributs vestimentaires (tenue, tatouages, piercing, coiffure…). Enfin, 16% d’entre elles (11% des femmes et 24% des hommes) considèrent avoir été discriminées tant sur leur apparence corporelle que vestimentaire. Parmi les personnes obèses rapportant une discrimination liée à l’apparence physique, seules 3% ont considéré que leur seule apparence vestimentaire était concernée, alors que les personnes en surpoids la citent à 29% et les personnes à l’IMC « normal » à 39%. Corrélativement, les personnes obèses évoquent une discrimination liée à la seule apparence corporelle à 72% et associée à l’apparence vestimentaire à 25%. Ces résultats illustrent la stigmatisation que vivent les personnes obèses à raison d’une corpulence « hors normes »

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