By jeanmarcmorandini.com
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Emily Ratajkowski: "La plupart des ados sont introduites aux femmes "sexy" par le porno, ou des images Photoshopées de célébrités"


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Emily Ratajkowski a publié son essai dans la newsletter de Lena Dunham, la Lenny Letter . Elle y évoque la féminité et la façon dont les jeunes femmes perçoivent cette notion de nos jours. Elle raconte la perception de son corps et celle qu’en ont les autres. Elle explique que l’on peut être sexy sans forcément être vulgaire.

Emily Ratajkowski est actrice et mannequin et a incarné au cinéma  la maîtresse de Ben Affleck dans Gone Girl. Cette dernière a publié dans la newsletter de Lena Dunham, Lenny Letter, une lettre ouverte à l'attention des femmes en lutte contre leur sexualité.

Elle essaie d'expliquer qu'est ce que c'est d'être "sexy" pour une femme. « L'implication, c'est qu'être sexy veut dire être vulgaire, parce qu'être sexy, c'est jouer avec les désirs des hommes. Pour moi, "sexy", c'est une forme de beauté, d'expression de soi, qui doit être célébrée, qui est merveilleusement féminine, affirme-t-elle. En quoi cette implication dit que le sexe est une chose que les hommes obtiennent des femmes, et que les femmes abandonnent ? » 

Elle que son père surnommait "bébé femme" ("baby woman"), parce qu'à douze ans elle portait déjà un soutien-gorge à bonnet D, y raconte une petite humiliation. Le directrice de son école primaire a fait claquer ledit soutien-gorge parce qu'il dépassait de son débardeur. A 13 ans,  Emily Ratajkowski  a joué dans un spectacle, très maquillée et en mini-jupe. Un ami de la famille est venu avertir ses parents qu'elle attirait les regards des hommes lorsqu'elle était habillée ainsi.  "Même si être sexualisée par le regard de la société est dégradant, il doit bien y avoir un espace où les femmes peuvent être sexy quand elles décident de l’être. "La vie ne peut pas être dictée par la perception que les autres ont de nous, poursuit la jeune femme. J'aurais aimé qu'on me l'explique : les réactions des gens à propos de ma sexualité ne sont pas mon problème mais le leur.  Je lutte pour trouver l'équilibre en tant qu'artiste, en tant que mannequin, et simplement en tant que femme - un espace qui me permette de garder la maîtrise de ma sexualité, poursuit-elle. Ce n'est pas évident mais si nous n'essayons pas, que devenons-nous ?". "

La top modèle déplore que les adolescentes aient une vision biaisée de la sexualité dès leur plus jeune âge. « La plupart des adolescentes sont introduites aux femmes "sexy" par le porno, ou des images Photoshopées de célébrités, poursuit-t-elle. Est-ce le seul exemple d'une femme sexuelle que l'on peut donner aux jeunes femmes de notre culture ? Où peuvent-elles voir des femmes qui trouvent du pouvoir en décidant quand et comment elles peuvent être sexuelles ? Même si être sexualisée dans le regard de la société est dégradant, il doit y avoir un espace où les femmes peuvent toujours être sexuelles quand elles en ont envie. »

En évoquant une nouvelle de 1961 de l'écrivain américain John Updike, A&P, elle observe le parallèle entre le personnage de l'auteur, une jeune adolescente culpabilisée par un commerçant à cause de sa tenue, et la place des femmes dans la société actuelle. « Je pense aux femmes qui, sur leurs lieux de travail, s'inquiètent de savoir comment leur sexualité pourrait accidentellement offenser, exciter, ou créer de l'envie. Je pense aux mères qui essayent d'expliquer à leurs filles que même si ce n'est pas leur faute, elles devront se couvrir la prochaine fois. Je refuse de vivre dans ce monde de honte et d'excuses silencieuses, ajoute Emily Ratajkowski. 

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