By jeanmarcmorandini.com
Santé

Lausanne: Une femme enceinte et son bébé décèdent dans un hôpital après avoir contracté un streptocoque extrêmement rare


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Une femme enceinte, à deux semaines de la délivrance, et son bébé sont décédés la semaine dernière au CHUV à Lausanne. Un streptocoque rare serait en cause de ce drame relate 24 Heures.

Admise jeudi, dans un état fiévreux, Rute De Sousa Hadergjonaj, une esthéticienne de 32 ans, est morte 48 heures plus tard.

Avant elle, Lizéa, son bébé était en état de mort foetal.

"A son admission, de la fièvre a été mesurée, mais elle n'a pas été confirmée ensuite à l'examen d'entrée", a expliqué mercredi à l'ats Jean-Blaise Wasserfallen, directeur médical du CHUV.

Son état s'est ensuite dégradé tout au long de la journée. 

"Les mesures diagnostiques habituelles ont été prises, avec une surveillance à intervalles réguliers", relate M. Wasserfallen.

Pourtant le bébé va mourir dans le ventre de sa mère et une césarienne a dû être pratiquée dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Nous avons dû d'abord exclure la cause la plus fréquente, l'embolie pulmonaire, qui aurait pu entraîner un décès lors de la césarienne", explique le directeur médical.

La mère a été placée sous antibiotiques le vendredi, les analyses de culture ayant confirmé qu'un streptocoque A producteur de toxines, un streptocoque extrêmement rare, était à l'origine de l'infection.

Mais malheureusement, la jeune femme qui était aux soins intensifs a eu d'autres problèmes. Le tube placé dans la trachée de la patiente pour l'aider à respirer s'est déplacé sans qu'une alarme ne retentisse.

"Cet accident a contribué à la survenue du décès, qui est arrivé environ 24 heures plus tard", a reconnu Jean-Blaise Wassefallen. Zymer Hadergjonaj, Mari de Rute et père de Lizéa, 34 ans, raconte sa peine dans les pages du quotidien suisse, la Tribune de Genève . «J’ai tout perdu. Je n’arrive même plus à mettre les pieds dans notre appartement de Prilly.»

Rute laisse aussi une petite fille née d'une première union, Elia, 6 ans. «Elle attendait avec impatience l’arrivée de sa sœur. Elle va chez son père certains week-ends, mais je l’ai élevée ces dernières années. Maintenant elle est avec lui, mais heureusement il m’a assuré que je pourrai continuer de la voir. Nous lui avons annoncé le décès de sa mère lundi…» indique t'il.

«Après un contrôle mardi dernier, où Rute se sentait peu bien, les médecins nous ont donné rendez-vous le 6 juillet. Nous sommes malgré tout revenus jeudi matin au CHUV, car elle avait de la fièvre. Elle a reçu du Dafalgan par perfusion. Pourquoi n’ont-ils rien fait d’autre, alors qu’elle allait aux toilettes toutes les cinq minutes? Pourquoi ne se sont-ils pas inquiétés, alors qu’elle a vomi plusieurs fois? Au lieu de cela, à un moment, ils nous ont même dit de repartir, avant de changer d’avis. Pourquoi n’avoir pas provoqué la naissance de Lizéa quand il en était encore temps?» s'interroge le compagnon.

«Ils avaient mis Rute en fauteuil roulant, car elle ne pouvait plus marcher. Elle avait du sang dans la bouche! Des médecins sont arrivés avec des masques, en disant: «Il faut qu’on sauve votre femme.» J’ai compris que Lizéa était morte, alors que plusieurs fois pendant la journée nous avions entendu son cœur! Je me suis évanoui.»

«Jusqu’au décès du bébé, la maman n’était pas en forme, mais son état n’était pas alarmant, ce qui ne justifiait pas un monitoring (ndlr: écoute du cœur du bébé) permanent, répond le CHUV. D’autant que les trois autres enregistrements étaient normaux et ne laissaient pas prévoir l’arrêt cardiaque.»

Le CHUV affirme que la maman ne pouvait pas vivre de toutes les façons. «Elle serait probablement décédée de toute façon à cause de la bactérie, car les lésions aux organes étaient trop importantes. Mais, si nous avons commis des erreurs, nous les assumerons et prendrons toutes les mesures pour que cela ne se reproduise plus. La direction du CHUV regrette profondément cette tragédie qui bouleverse aussi ses équipes soignantes.»

Choqué et fâché, le frère de la victime a attaqué les urgences à la masse de chantier, causant de nombreux dégâts matériels.

Le CHUV a lancé une enquête interne pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame. Le Ministère public a de son côté ouvert une enquête pour homicide par négligence.

 

 


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