By jeanmarcmorandini.com
Santé

Choc toxique menstruel : Le nombre de cas augmente !


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Les Hospices civils de Lyon (Rhône) alertent les utilisatrices de tampons car le nombre de cas de choc toxique menstruel est en augmentation.   22 cas ont été diagnostiqués en 2014 et souvent l e SCT peut engendrer de sévères complications.

Gérard Lina, spécialiste est à la tête du laboratoire de bactériologie et des mycobactéries au CH Lyon-Sud a constaté que toutes ces jeunes femmes ont présenté les symptômes typiques : fièvre, vomissements, maux de gorge, diarrhées, étourdissement…  

« Parmi ces 20 cas, 16 à 18 concernent des jeunes filles en bonne santé qui finissent en réanimation », déplore le chercheur.

Dans un entretien accordé à L'Obs il explique que nous sommes tous porteurs de staphylocoques dorés. "   Nous sommes tous porteurs à un moment ou à un autre de notre vie de de staphylocoques dorés, soit de manière permanente, par exemple au niveau du nez, ou transitoire au niveau de la peau. Au niveau vaginal, faute d’études suffisantes, on ne connaît pas la durée de vie des souches.

Les bactéries S. aureus, qui représentent un cinquième des staphylocoques dorés, sont productrices de toxines TSST-1 au niveau vaginal. Cela représente à peu près 1% des femmes. Mais elles font partie de notre flore bactérienne normale. Notre système immunitaire est donc en contact avec cette flore. La plupart des porteurs développent des anticorps dirigés contre cette toxine, ce qui les protège. Mais dans de rares cas, les personnes qui n’ont pas développé d’anticorps peuvent connaître une réaction aigue lorsque la toxine se retrouve dans le sang. Le syndrome du choc toxique, une maladie aigue très rare mais grave, potentiellement mortelle, est une forme d’accident qui survient au cours des règles lors de l’utilisation de dispositifs vaginaux (tampons, coupes menstruelles…). La plupart du temps chez des sujets jeunes et en bonne santé. Il faut être déjà porteuse de cette fameuse souche particulière de staphylocoque doré.

Le sang des règles, coincé en intravaginal, représente un très bon milieu de culture, chaud, avec des nutriments, un véritable bouillon de culture où la bactérie peut se multiplier. La toxine TSST-1 qu’elle produit est capable de traverser la paroi vaginale et de se diffuser dans l’organisme. Elle est active à des taux de concentration très faible et stimule de façon massive les lymphocytes, provoquant un choc toxique. Les vaisseaux sanguins se vident de leur contenu, créant une hypotension, les organes ne reçoivent pas assez de sang. Pour se défendre, l’organisme favorise les organes vitaux, comme le cœur et le cerveau, au dépend des organes périphériques et des membres. Si rien n’est fait, c’est la nécrose, et l’on risque l’amputation, comme pour le mannequin Lauren Wasser, qui a perdu une jambe à l’âge de 19 ans, ou le décès.

En quelques heures, une jeune fille peut finir intubée en réanimation. C’est rageant d’en arriver là juste pour avoir porté un tampon."

Pour éviter le choc, le spécialiste préconise d'autres soluttions: "Sans tomber dans la psychose et ne plus porter de tampons, il faut bien avoir la notion de risque lorsque l’on porte un tampon ou une cup et lire la notice afin d’avoir le réflexe de les enlever si l’on observe les signes cliniques concomitants du choc toxique. Dans l’idéal, on change son tampon toutes les quatre heures et on ne le porte pas plus de huit heures. Après, on sait bien que c’est pratique d’en porter un la nuit, dans ce cas, il faut simplement rester vigilant par rapport à ces symptômes."


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