By jeanmarcmorandini.com
Psy

Douches collectives ou vestiaires: Faut-il se mettre nu devant les autres ou conserver son intimité ? Vidéo


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C'est une question qui revient souvent dans les consultations: Faut-il se mettre nu dans les vestiaires ou au sauna.

Etre nu collectivement et se sentir bien s'apprend, souligne la géographe Francine Barthe-Deloizy dans Libération.

C'est une culture.» Celle des sportifs qui, à force de se changer en groupe, en oublient la présence de l'autre.

Le vestiaire devient cette bulle hermétique où l'on se retrouve entre soi, à l'abri des regards.

«C'est le lieu de l'intime et du repli, un sanctuaire, dit Francine Barthe-Deloizy.

Certains s'autorisent une familiarité qu'ils ne se permettraient jamais à l'extérieur.

Sous la douche, ils peuvent se taper sur les fesses.

Dans le vestiaire, la nudité n'est pas hypersexualisée. C'est la nudité du bien-être, dissociée de tout exhibitionnisme et voyeurisme.»

Aux Etats Unis par exemple, pays pourtant pudique, ce témoignage montre une certaine liberté:

"Aux Etats-Unis, dans les piscines, salles de sports, gymnases, les douches, les gens prennent toujours les douches collectives nus. 

En revanche, c'est séparé hommes et femmes. Ma femme a été très surprise de voir que dans les piscines françaises, les gens gardent leur maillot. Idem, dans les saunas américains, c'est séparé, mais jamais les gens n'y mettent pas de maillot (Source: Vivre nu )

Dans les pays du Nord a nudité ne pose aucun problème.

Sur le site Au Féminin on peut ainsi trouver le témoignage d'une Hollandaise qui raconte cette approche très différente des Français;

"Ici en Hollande, dans les établissements scolaires neutres, les enfants et les adolescents prennent la douche ensemble, garçons et filles, après l'heure de sport.

Les salles des hôpitaux sont mixtes. On peut tirer un rideau a la demande du patient dont on fait la toilette.

De même, les dortoirs des auberges de jeunesse sont mixtes."

En Belgique , le quotidien Le Soir a consacré un article à ce sujet avec un retour en force de la pudeur:

"La pudeur, initialement liée à une culture ou une religion, semble déteindre sur tous les milieux.

Dans les écoles, les professeurs de gymnastique en font le constat : beaucoup d’élèves refusent de se déshabiller dans les vestiaires.

«Aujourd’hui, ne pas vouloir se montrer nu sous la douche entre camarades relève plus d’un phénomène de mode et d’un effet de groupe que d’une véritable conviction culturelle ou religieuse », glisse une prof de sport.

Face à cette tendance qui va en s’amplifiant, clubs de sport, fitness et écoles n’ont eu d’autre choix que d’accepter sans broncher

. Certains clubs ont même été jusqu’à préciser que la douche en caleçon était permise, afin de ne pas rebuter de jeunes réticents à s’inscrire.

S’il conçoit que ce choix relève de la liberté de chaque individu et qu’il est impossible de le réglementer, Olivier De Roy ne peut s’empêcher de penser qu’un certain malaise s’établit dans les vestiaires sportifs à cause de ce phénomène.

« Les uns ne comprennent pas les autres. Il y a un clivage qui se fait entre ceux qui se douchent nus et les autres."

Aux Pays Bas, en 2012, l'animateur Filemon Wesselink a réalisé un reportage , dans lequel il compare de jeunes footballeurs qui refusent de se mettre nu sous la douche collective après le sport et d'autres qui acceptent de prendre leur douche dans le plus simple appareil.

Et pour illustrer son propos, Filemon Wesselink décide de faire la deuxième partie de l'interview... entièrement nu.

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Je sais bien, on nous conditionne dès l'enfance, mais je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi le corps devrait être caché, pourquoi il faudrait avoir peur ou honte de la nudité.

 

En Allemagne, les vestiaires et les douches sont la plupart du temps mixtes, hommes et femmes ou enfants se douchent et se changent nus ensemble, c'est tout ce qu'il y a de plus naturel.

Quand j'avais 15 ans, suite à une partie de basket, je vais aux vestiaires. Puis voyant entrer des gars, je bafouille et m'excuse de m'être trompée de vestiaire, ils me regardent d'un air étonné, quel est le problème de la Française, et ensuite, quand j'ai vu arriver d'autres filles, puis d'autres gars, et que tout le monde se douchait ensemble sans gloussements, sans honte, sans voyeurisme ni exhibitionnisme, c'est là que j'ai compris à quel point en France la pudibonderie nous avait rempli le cerveau d'idées malsaines.

 



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