By jeanmarcmorandini.com
Santé

Porter un masque pour se protéger de la pollution ? Les poils de nez restent la barrière la plus efficace !


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La pollution atteint encore un pic à Paris, certains cyclistes et piétons portent un masque chirurgical pour se protéger des micro- particules . Pourtant, cela ne serait pas efficace ! Le professeur Denis Charpin du CHU Nord de Marseille, interrogé par l'Obs assène: "Les masques vendus dans le commerce ou en pharmacie ne protègent pas de la pollution, croire le contraire est illusoire."

"Leur filtre n’arrête que les bactéries et les postillons", indique le pneumologue pédiatre et allergologue Nhân Pham-Thi toujours sur le site de l'Obs. "Les particules, elles, sont trop fines pour être retenues par le tissu". 

"Pour limiter le passage des particules, il faut éviter de faire des efforts", rappelle le docteur Nhân Pham-Thi. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour faire du vélo, ou d'autres activités sportives. "Les personnes âgées, les enfants et les personnes qui souffrent de troubles respiratoires doivent éviter de sortir." Sans oublier les personnes allergiques, elles aussi vulnérables. Fumer est également déconseillé.   Il n'existe aujourd'hui aucun masque qui puisse empêcher ces particules néfastes de pollution de rentrer dans nos organismes. Les seuls masques qui pourraient être envisagés pour se prémunir de la pollution sont fournis dans le milieu hospitalier. Pour Denis Charpin, ce n'est pas une solution réaliste : "Au bout d'une dizaine de secondes on transpire beaucoup. Il est impossible de les porter toute une journée.  Les poils de nez restent la barrière la plus efficace ."

Le Docteur Jean-Luc Saladin interrogé par le site velib de la mairie de Paris donne des conseils à ceux qui se déplacent pendant cette journée polluée. "Pour le même effort physique et ainsi le même volume d’air consommé on parcoure la même distance trois fois plus vite en vélo qu’à pieds. Le piéton est donc plus exposé que le cycliste à condition que ce dernier n’aille pas jusqu’à l’hyperventilation. En effet, lorsque que l’on fournit un effort trop intense, on hyperventile, la respiration s’accélère et s’amplifie, les bronches se dilatent. On s’expose donc plus intensément aux polluants quoique sur un temps plus court. Cela-dit aujourd’hui, on ne dispose pas d’études scientifiques qui mesurent les effets nocifs de cette surexposition par rapport à celle plus longue du piéton. Je conseille aux cyclistes de maîtriser leur effort pour ne pas aller jusqu’à l’hyperventilation. L’idéal est de mouliner gentiment sans aller jusqu’à transpirer. Mieux vaut pédaler vite et régulièrement que de donner des grands coups de pédaliers.

Et d'ajouter: "Pour mieux maîtriser l’intensité de l’effort physique, on peut choisir une vitesse inférieure. Et surtout, il faut éviter au maximum de se mettre dans la veine gazeuse des pots d’échappement en privilégiant les pistes cyclables, les trajets alternatifs pour éviter les grands axes qui bouchonnent et, aux feux rouges, en allant se placer devant les voitures. Enfin, pour ceux qui le souhaitent, ils peuvent comme moi investir dans un masque filtrant professionnel (norme FFP3). Confortable, il protège des particules polluantes mais pas des gaz et notamment des nitreuses qui relèvent d’une question plus globale de santé publique. En tant qu’utilisateurs de vélo, nous ne générons ni pollution ni bruit – qui est une autre pollution terrible en ville – et nous contribuons à réduire les dépenses de santé. Nous réclamons donc le droit à respirer un air sain. L’idéal, ce serait des axes complètement démotorisés, des couloirs verts réservés aux marcheurs, joggeurs, cyclistes qui seraient, je pense, rapidement noirs de monde. La voiture est un répulsif à humain.

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