By jeanmarcmorandini.com
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Emilie Laurent, première bachelière de France, a été victime de harcèlement scolaire


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Elle a décroché la note de 21,22/20 au baccalauréat ce qui lui a valu de devenir la « meilleure bachelière » de France. Pourtant rien n'était gagné pour Emilie qui témoigne dans Paris Match du harcèlement qu’elle a vécu durant ces dernières années au Lycée.

En première, Emilie avait été victime de harcèlement scolaire et avait dû quitter le lycée en cours d'année, pour prendre quelques mois de repos chez ses parents.

"En première, j’ai dû arrêter les cours, en janvier. La crise est arrivée du jour au lendemain. Je n’ai pas réagi au début parce que je pensais que la seule responsable du problème c’était moi. Je me disais « c’est toi qui fait mal les choses ». Je suis du genre à douter de moi-même.  Je me faisais harceler à la fois par des personnes moins bonnes que moi, mais aussi par des gens qui étaient très doués. Je suis devenue une sorte de cible pour la classe. Des professeurs étaient aussi concernés mais je n’en dirais pas plus. Mon père est professeur. Je faisais confiance au corps enseignant. Du côté des élèves, on me faisait constamment comprendre que j’étais nulle, on se moquait de moi. J’avais des bonnes notes mais je ne souhaitais surpasser personne. Je voulais simplement faire de mon mieux, donner le meilleur de moi-même, c’est dans ma nature. J’étais même gênée ensuite quand des camarades à côté de moi avaient des notes plutôt moyennes, parce que je ne voulais pas qu’ils se sentent humiliés à cause de moi. Je n’ai jamais compris. Je ne suis retournée au lycée qu’en septembre de l’année d’après. Je n’ai pas travaillé pendant ces six mois de pause. Enfin, j’ai travaillé sur moi. Ma famille m’a soutenue du début à la fin."

  Et d'ajouter lorsqu'elle a repris le chemin du lycée: "J’étais très angoissée. Je suis donc retournée en première pour la deuxième fois. J’avais peur que ça se reproduise, de faire quelque chose qui pourrait déclencher à nouveau cette situation. Mais cette fois-ci, je suis tombée sur un professeur principal qui m’a énormément soutenue. Je lui avais parlé en détail des problèmes que j’avais rencontrés. Il en a ensuite parlé aux autres enseignants. Il vérifiait régulièrement que tout allait bien. Le directeur d’établissement a également été très compréhensif. La nouvelle équipe enseignante a été attentive. Je leur suis très reconnaissante.  Les autres élèves ont aussi fini par être curieux. Ils se demandaient comment je pouvais avoir un an de retard alors que j’avais d’aussi bonnes notes. J’ai fini par leur dire ce que j’avais vécu. Finalement, la parole libère. Et ils m’ont également soutenue. Ils voyaient enfin en moi une personne, et ils restaient avec moi pour qui j’étais."

Que ce soit des insultes, des violences physiques, de l’intimidation ou encore des messages sur internet, les enfants victimes de harcèlement à 13 ans auraient deux fois plus de risque de devenir dépressif à 18 ans selon les résultats d’une étude britannique publiée dans le British Medical Journal.

La jeune fille recommande de communiquer si d'autres élèves  venaient à subir le même sort. "D’abord qu’il faut en parler. A des personnes de confiance, que ce soit des amis, de la famille ou des professeurs, si l’on peut. Il faut en parler très vite, même si c’est dur. En fait, il ne faut surtout pas négliger ce que l’on ressent. Une souffrance est une souffrance, il ne faut pas la minimiser. Si c’est trop violent, pour se réparer, il ne faut surtout pas hésiter à prendre une pause. Une année de perdue ce n’est rien face à une vie gâchée. Aux autres élèves, je dirais de rester attentifs. Et d’avoir de petites attentions pour celui qui est en marge dans une classe. Un geste gentil compte parfois beaucoup pour un élève harcelé. Il faut garder à l’esprit que n’importe qui peut être concerné."

Une grande campagne contre le  harcèlement scolaire  a été lancée par le gouvernement.

Au cours de sa vie à l'école, 1 200 000 personnes connaîtront une situation plus ou moins sévère de harcèlement scolaire avec des conséquences catastrophiques comme le repli sur soi, la dépression, l’échec scolaire et parfois même, dans les cas les plus extrêmes, le suicide.

 


Enjoyphoenix se confie sur le harcèlement qu... par morandini

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