By jeanmarcmorandini.com
Sexe

Thérèse Hargot: «Le porno, c'est la drogue des gentils garçons »


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Sexologue et philosophe,Thérèse Argot vient de publier "Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) aux Éd. Albin Michel)",  à cette occasion elle a été interrogée par Le Figaro Santé sur cette génération biberonnée au porno ! Ce livre est f ondé sur de nombreux témoignages.

La spécialiste intervient en milieu scolaire depuis une dizaine d'années et s'interroge face à banalisation de la « culture porno », course à la performance, défiance à l'égard de la contraception, retour des stéréotypes, obsession de l'orientation sexuelle… Si les jeunes se sentent sexuellement libérés, ils sont prisonniers de nombreux diktats. 

La sexologue a observé que la consommation des images pornographiques se fait de plus en plus jeunes. "Aujourd'hui, les enfants trouvent l'ADSL à leur naissance, et peuvent s'abreuver d'images pornos 24 heures sur 24 sur leur ordinateur, leur smartphone, etc. On dit que l'âge de la première rencontre avec ces vidéos se situe actuellement autour de 11 ans. Sur le terrain, j'observe qu'en réalité il est déjà plus précoce. Sur le plan clinique aussi, je reçois essentiellement des jeunes - un quart de ma clientèle - qui sont «addicts» au pornographique: ils ne parviennent plus à calmer leur mal-être initial par ces visionnages et séances masturbatoires et se retrouvent dans un malaise encore plus grand. Comme avec la drogue, ils doivent augmenter les doses et en ressortent avec davantage de culpabilité et de stress."

Pour la spécialiste, les films pornographiques ne sont pas le seul canal de diffusion. "Désormais, nous ne sommes pas seulement soumis à une industrialisation du sexe marchand, nous vivons dans une culture pornographique. Regardez l'évolution de la lingerie féminine et le succès de «50 nuances de Grey» qui s'inspirent du SM, la multiplication des salons de massage et de prostitution, de sites favorisant les «coups d'un soir». Tout cela forme désormais un continuum, l'exposition au porno ne se limitant pas à quelques vidéos. Nous sommes tous impactés."

Et d'ajouter: " Le porno, c'est la drogue des «gentils garçons», ceux qui sont inhibés , n'osent pas sortir de chez eux et dire à une fille qu'ils la trouvent jolie. Leur addiction vient sur le terrain de ce mal-être et c'est pour cela que le «traitement» consiste bien souvent à identifier leur malaise initial et à les amener à poser un acte vers l'autre par jour, pour rompre cet isolement, afin de retrouver une vraie relation à l'autre."  

En ce qui concenrne la gente féminine, Thérèse Argot a constaté qu'elles ont été amenées à au porno pour apprendre à faire plaisir aux hommes. "Elles sont surtout guidées vers le porno par leur curiosité de savoir ce qui plaît aux hommes. Comment, quelles pratiques avoir pour leur plaire? L'épilation intégrale notamment, désormais adoptée par une majorité de femmes, vient de cette culture pornographique."

Et de conclure pour espérer faire changer les mentalités."Il faut remplacer la pulsion consommatoire par le désir et évidemment l'érotisme, aujourd'hui phagocyté par le pornographique."

 

 

 


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